Maths : des caissettes de réglettes Cuisenaire pour matérialiser l’égalité

Au CP, l’un des défis majeurs est de donner du sens aux concepts mathématiques abstraits. Avec les réglettes Cuisenaire, qui constituent un formidable outil pour appréhender les grandeurs, je me suis heurté à quelques problèmes : les bâtonnets s’éparpillent sur la table, l’expression de la quantité reste indirecte, et matérialiser visuellement l’égalité et la somme relève encore parfois du mystère pour de jeunes élèves.

 

Face à ce constat de terrain, j’ai cherché une solution simple pour canaliser ces manipulations. L’impression 3D m’a offert la possibilité de concevoir des caissettes de quantité sur-mesure qui allaient m’être utile dans mes ateliers.

 

L’avantage symbolique de ce support est direct : l’action naturelle de « remplir » fais sens et active les sphères sensori-motrices. La gestion spatiale est maîtrisée, et les notions d’addition (le contenu) et de somme (le contenant) apparaissent de manière tangible et instantanée

 

Le prototypage en classe : récit de séances

L’amélioration de l’objet s’est construite au fil des séances, en ajustant le matériel face aux réactions des élèves :

 

  • Séance 1 (Le cadre initial) : J’ai commencé avec un premier rectangle rigide délimitant la quantité. Par binômes, les élèves devaient trouver les deux barrettes permettant d’atteindre 5, disposant d’une petite règle souple pour identifier la valeur des réglettes et passer à l’écriture additive.
  • Séance 2 (L’évolution vers la caissette) : Voyant les limites de placement des premiers essais sur le rectangle rigide, j’ai introduit la caissette de 5. En individuel cette fois-ci, les élèves devaient retrouver les différentes formes additives de 5 pour compléter eux même la table d’addition. Certains se sont d’abord limités aux trois premières combinaisons évidentes (1+4, 2+3, 5+0). Le matériel a joué un rôle d’étayage décisif selon moi : sans un mot, en prenant simplement la caissette pleine d’un élève pour la pivoter à 180 degrés, sans parler de commutativité, l’élève a compris par lui même qu’une nouvelle série d’additions existait.
  • Séance 3 (Complexification) : Changement de règle. Plutôt que de limiter le choix, j’ai fourni une multitude de petites réglettes pour pousser les élèves vers des écritures additives à trois, voire quatre termes. La phase de mise en commun et les exercices de réinvestissement m’ont donné l’assurance que le lien entre l’écriture mathématique et la situation réelle était bel et bien créé.

Consolider les concepts mathématiques en alternant les représentations

C’est précisément ce travail constant d’aller-retour entre les différents modes de représentation et de questionnement qui nourrit ma pratique et que l’impression 3D me permet de mettre en oeuvre. Une démarche que j’essaie d’appliquer aussi dans mes réflexions numériques, notamment à travers Problémojis pour la résolution de problèmes, qui me laisse espérer que les élèves acquerront cette année une compréhension encore plus solide et incarnée des concepts mathématiques.

Télécharger la ressource

Si tu souhaites tester cette approche en classe, j’ai mis la ressource disponible en téléchargement gratuit dans l’éco-boutique.

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